Les journées chaudes sont particulièrement intenses dans une maison de repos et de soins. Les résidents sont souvent plus vulnérables à la chaleur, tandis que les soignants continuent à fournir un travail physique : aider les personnes à se laver et à s'habiller, accompagner les repas, distribuer les médicaments et se déplacer sans cesse de chambre en chambre.
Une bonne politique de gestion de la chaleur concerne donc deux groupes : les résidents et les personnes qui prennent soin d'eux.
Ces sept points d'attention pratiques vous aident à travailler de manière sûre et organisée pendant les journées chaudes. Suivez toujours le plan d'action chaleur, les accords de soins et les directives médicales de votre propre organisation.
1. Connaissez le plan d'action chaleur de votre lieu de travail
Les maisons de repos et de soins ne doivent pas attendre que la température grimpe. Un plan d'action chaleur interne définit à l'avance qui assume quelles tâches, quels résidents nécessitent un suivi renforcé et ce qui se passe lorsqu'il fait trop chaud à l'intérieur.
Vérifiez au début d'une période de chaleur :
- qui coordonne le plan d'action chaleur ;
- où se trouvent les pièces les plus fraîches ;
- quels résidents présentent un risque accru ;
- comment les températures sont suivies ;
- à qui vous signalez les changements dans l'état d'un résident ;
- quels accords s'appliquent pour les boissons, les repas et les activités.
L'autorité flamande propose à ce sujet un guide spécifique pour les plans d'action chaleur dans les maisons de repos et de soins.
Vous ne savez pas où trouver le plan ? Demandez-le à votre infirmier(ère) en chef, à votre responsable ou au conseiller en prévention. Ce n'est pas une question superflue, mais un élément important de soins de qualité.
2. Commencez votre pause de travail par un bref tour « chaleur »
Lors de la transmission, ne consacrez pas seulement du temps aux informations médicales et pratiques. Parlez aussi de la chaleur :
- Quelles chambres se réchauffent rapidement ?
- Qui a moins bu hier ?
- Quels résidents ne peuvent pas demander à boire eux-mêmes ?
- Y a-t-il des résidents avec une restriction hydrique ou d'autres consignes médicales ?
- Quelles activités sont déplacées ou adaptées ?
- Où l'équipe peut-elle elle-même boire suffisamment et se rafraîchir ?
Un bref contrôle en commun évite que chaque collègue doive chercher séparément les mêmes informations.
Ne vous fiez pas uniquement à la température extérieure générale. Une chambre côté soleil peut être beaucoup plus chaude qu'une pièce de l'autre côté du bâtiment.
3. Proposez régulièrement à boire, mais suivez le plan de soins
Placez de l'eau de manière visible et à portée de main, et proposez régulièrement quelque chose à boire. N'attendez pas toujours qu'un résident signale lui-même qu'il a soif.
La variété peut aider : eau, thé rafraîchi, soupe, fruits ou d'autres options adaptées, selon les préférences et les consignes alimentaires du résident.
Boire davantage n'est toutefois pas automatiquement mieux pour tout le monde. Certains résidents ont une restriction hydrique pour des raisons médicales. Vérifiez donc toujours le plan de soins individuel et, en cas de doute, concertez-vous avec l'infirmier(ère) responsable ou le médecin.
Notez les changements marquants, par exemple lorsqu'une personne boit soudainement beaucoup moins que d'habitude.
4. Gardez la chaleur dehors avant de rafraîchir davantage
La protection solaire est plus efficace lorsque vous l'utilisez avant que le soleil n'ait réchauffé la chambre. Fermez à temps les rideaux, volets ou stores du côté ensoleillé.
Aérez surtout lorsqu'il fait plus frais dehors que dedans, par exemple tôt le matin ou plus tard le soir. Gardez les fenêtres et les portes fermées pendant la partie la plus chaude de la journée si de l'air plus chaud risque sinon d'entrer.
Vérifiez toutefois toujours les consignes de sécurité de la maison de repos et de soins. Les fenêtres, ventilateurs et appareils de refroidissement mobiles doivent être utilisés en toute sécurité et ne peuvent pas bloquer une voie d'évacuation ni constituer un risque de chute.
5. Déplacez les tâches lourdes vers des moments plus frais
Toutes les tâches ne doivent pas être effectuées exactement au même moment. Examinez avec l'équipe si les activités physiquement plus intensives peuvent être déplacées vers un moment plus frais.
Pensez par exemple :
- aux déplacements non urgents ;
- aux moments de bain et de douche ;
- aux activités extérieures ;
- aux livraisons ou au déplacement de matériel ;
- aux activités qui demandent beaucoup d'efforts aux résidents.
Prévoyez suffisamment de courts moments de récupération et répartissez si possible les tâches de soins lourdes au sein de l'équipe. La fatigue due à la chaleur peut réduire la concentration, alors que l'attention est justement essentielle lors des transferts, de la distribution des médicaments et des autres tâches de soins.
6. Prenez au sérieux les changements chez les résidents
Soyez particulièrement attentif, pendant les journées chaudes, aux écarts par rapport au comportement habituel. Les signaux d'alarme possibles sont notamment une fatigue inhabituelle, des vertiges, des maux de tête, des nausées, des crampes musculaires, de la confusion ou un évanouissement.
N'essayez pas de poser vous-même un diagnostic médical. Signalez immédiatement les changements, selon les accords internes, à l'infirmier(ère) responsable ou au médecin. En cas d'état grave ou qui se détériore rapidement, suivez la procédure d'urgence de l'organisation.
Les collègues qui connaissent bien les résidents remarquent souvent en premier que quelqu'un « n'est pas tout à fait lui-même ». Cette observation constitue une information de soins précieuse.
7. N'oubliez pas votre propre sécurité
Les soignants se concentrent naturellement sur les résidents, mais vous aussi, vous avez besoin de protection. Buvez régulièrement, prenez les moments de repos convenus et signalez lorsque la température ou la charge physique rend le travail dangereux.
La réglementation belge du travail n'utilise pas pour cela la température ambiante ordinaire, mais l'indice WBGT. Celui-ci tient également compte, entre autres, de l'humidité de l'air, du rayonnement thermique et de la pénibilité du travail.
Lorsque les valeurs d'action légales sont dépassées, l'employeur doit prendre des mesures appropriées. Il peut s'agir notamment de boissons rafraîchissantes, de ventilation, d'une protection contre le soleil direct et de temps de repos supplémentaires. Le SPF Emploi explique concrètement les droits en cas de chaleur .
Discutez d'abord des problèmes avec votre responsable ou le conseiller en prévention. Travailler de manière adaptée à la chaleur est une responsabilité partagée, pas un signe que vous n'êtes pas à la hauteur du travail.
Ce point est aussi pertinent dans le choix d'un employeur
Vous postulez dans une maison de repos et de soins ? N'hésitez pas à demander comment l'organisation gère les périodes de chaleur.
Voici de bonnes questions à poser :
- L'établissement dispose-t-il d'un plan d'action chaleur actualisé ?
- Comment les chambres chaudes sont-elles suivies ?
- Y a-t-il un espace commun frais ?
- Comment les tâches et les pauses sont-elles organisées pendant les fortes chaleurs ?
- Qui coordonne les mesures ?
- Les collaborateurs sont-ils impliqués dans l'évaluation ?
Les réponses en disent long sur la manière dont un employeur envisage la prévention, la collaboration et le travail faisable.
Vous voulez découvrir quel employeur vous correspond ? Consultez les offres d'emploi pour infirmiers et les offres d'emploi pour aides-soignants actuelles dans le secteur belge des soins aux personnes âgées sur Louise.be.